Du Symptôme à la sophrologie

Du Symptôme à la sophrologie

Ou comment transformer une demande en opportunité de changement

 

Philippe Baudot, tabacologue et sophrologue

Chargé de cours à l’Académie de Sophrologie Caycédienne de Bruxelles

 

Le monde actuel est dominé par le marketing, visant à proposer aux consommateurs que nous sommes tous les produits et services susceptibles de nous être plus ou moins utiles pour améliorer notre vie, pour répondre à notre éternelle quête de bonheur.

 

La santé n’échappe pas à ce phénomène …

, l’industrie pharmaceutique est plus florissante que jamais, nous vendant par milliers les petites boites des « anti-ceci » ou des « anti-cela » qui nous permettent moyennant quelques euros de nous débarrasser de ces symptômes qui viennent gâcher notre vie. Il suffit pour les patients que nous sommes d’aller déposer ces vilains symptômes sur le bureau du médecin en demandant « docteur, débarrassez-moi de ces trucs » pour recevoir une prescription d’un « anti-truc » qu’il n’y a plus qu’à avaler et le tour est joué…vraiment ?

 

Que ce soit au sein du corps médical ou parmi les patients, de plus en plus nombreux sont ceux qui se rendent compte que cette approche basée sur des « recettes »visant à gommer la symptomatologie n’est pas satisfaisante. D’une part, il ne s’agit pas d’un travail de fond sur les véritables causes des problèmes mais plutôt d’un travail sur les effets ; comme les causes demeurent présentes, nous assisterons souvent à un « déplacement » vers d’autres symptômes qui exprimeront la persistance des déséquilibres sous-jacents. D’autre part, cette approche qui consiste à aller rechercher des solutions « magiques » extérieures à soi a un caractère déresponsabilisant puisqu’aucun effort de changement n’est attendu de la part du patient.

 

La santé physique et psychique résulte d’un équilibre complexe et en perpétuelle évolution. Parmi les déterminants de la santé, certains sont modifiables (alimentation, gestion du stress, qualité et quantité de sommeil, habitudes toxiques telles que le tabagisme, l’abus d’alcool ou de psychotropes…). C’est la responsabilité des professionnels de la santé de faire prendre conscience aux patients de ces leviers dont ils disposent pour agir sur leur santé pour les transformer en acteurs plutôt qu’en consommateurs, ce dans une attitude de « coaching » sans jugement ni moralisation. Si des traitements médicamenteux ou chirurgicaux sont indiqués, leurs effets seront potentialisés par cette implication active des patients dans les changements positifs.

 

En tant que professionnel de la santé pratiquant la sophrologie, je constate tous les jours dans la pratique que le véritable défi à relever est là : transformer le patient « consommateur » en attente de méthodes miracles en patient « acteur » de son changement. La mobilisation des ressources de la personne et le renforcement de ses capacités sont les objectifs fondamentaux de tous les sophrologues, il s’agit d’un travail passionnant qui implique une forte motivation et qui implique surtout d’appliquer d’abord ces principes pour soi-même.

Un autre de ses articles : « Assuétudes et Sophrologie » vous sera adressé sur simple demande faite à : adresse mail

Se faire plaisir sans se détruire

2017-06-25T16:59:06+00:00

A propos de l'auteur:

Philippe Baudot
Licence en science dentaire (UCL) Licence en sciences hospitalières (UCL) Master Spécialiste en Sophrologie Caycédienne (Sofrocay) Certificat en hypno-sédation (ULG) Certificat en tabacologie (FARES) Activités professionnelles : Coordinateur de la Maison Médicale d’Evere Tabacologue et sophrologue Formateur à l’ASCB et à la MILOCS Traducteur médical

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